Lyon - Le soleil brûle la peau déjà rougie par les rayons de l'astre mère. On retrouve les voix connues. On en découvre certaines encore inconnues. On écoute les histoires de chacun. On pense au temps présent. A celui qui court à rebours de nos vies.

Ici, l'union des fleuves apporte l'air frais des montagnes qui se profilent au loin. Le vent frappe les volets mal attachés de la voisine d'en face. Sa silhouette fine à demi nue s'affaire pour les refermer en vitesse. Nos regards se croisent. Mon calpin à la main dans le plus simple appareil, j'esquisse un sourire gêné. Elle rabat une mèche révolutionnaire derrière son oreille.
Je ferme alors les yeux et pense à tout ce qui ne m'attend pas et là où je n'irais jamais.
Le temps n'est qu'une traduction de la vitesse et de l'espace. En physique quantique, les particules sont liées dans l'infini du vide et par l'infini possibilité des évènements.
Ici le passé, le présent, le futur n'ont pas de sens. 
Mais lorsque tout est séparé, quand il n'y a plus d'espace, le temps n'existe que dans l'histoire qui nous précède.
Tarn
Tarn
Tarn
Tarn
Landes
Landes
Landes
Landes
Landes
Landes
J'ai retrouvé entre Lyon et Clermont-Ferrand la maison de mes grands parents. Celle où j'ai appris à nommer les choses.
Là où les souvenirs sont doux. Premiers émois, premiers pleures face à l'injustice pour un enfant, première pétanque, premier matin à écouter attentivement les chouettes nocturnes. Premier deuil, première infinie tristesse.
J'ai alors repensé à toute mon enfance, à revoir ce monde couleur sépia défiler devant mes yeux.
Partie de campagne - Les nuits d'ivresses à retrouver ceux qui comptent. Les peaux s’agrippent, les bouches éclatent de rire, se mélangent. Les souvenirs des folies passées sont ravivés. Les guitares volent. Les bagarres, comme pour se dire "je vous aimes", sont légions.
Les repas, où le fromage est la saveur primordiale, sont aussi le centre de toutes les attentions. Pièce maitresse de chaque journée passée ensemble. Ces moments là n'existent qu'ici, là on l'on a grandi.
Rencontres océanes - Comme l'impression que j'étais jusqu'ici endormi. La noirceur que peuvent avoir nos âmes, caressait mes pensées. Chaque minute devenant un combat contre moi-même. Mais certaines rencontres océanes m'ont rappelé aux souvenirs des jours qui chantent. Là où les désirs glissent sous les doigts qui parlent d'amour.
J'ai enfin hâte de comprendre.
La vérité, c'est que le chaos du monde qui croît ne s’arrêtera jamais.
Sa peau est couleur cuivre, tannée par une vie au soleil. Le reflet de ses doux seins brun et la forme de ses hanches, sont celle d'une statue polie durant des décennies. Et puis il y a ces yeux aux couleurs des champs de mai. Là où le soleil brille vert. Où l'on pourra se balader durant les journées chaudes de l'été.
La moto Suzuki Freewind 650 file à toute vitesse à travers les longues routes des Landes.
Je traverse les fumerolles des forêts incandescentes. L'air est chaud. L'odeur est âpre. On est ici ensemble alors que le monde brûle autour de nous.
Accueillir l'inconnue. Prendre les instants pour ce qu'ils sont. Des tranches de vie que l'on porte en nous pour l'éternité. Ne pas être des étoiles filantes.
Le pays des corrida aura était éprouvant. Le Gers et de ces paysage brûlé par le soleil s'abattant sur les champs. Les villages ne prennent ici vie qu'à 18h. Les terres semblent avoir pris des coups de soleil. La végétation elle a changé. Les sapins et les chênes ont remplacés les pins. Ces derniers me manquent. J'entend encore leur voix à l'accent teinté du Sud-Ouest.  
La Suzuki dévale les gorges du Tarn pour remonter sur les hauts plateaux de l'Aubrac. Je retrouve alors les terres auvergnates qui portent là aussi la couleur de ces yeux. Je commence à repenser à tout ce voyage sans buts. A me dire "n'oublie pas mon nom". Car la violence d'une rencontre c'est comme un wall of death en première ligne.
Retour à Paris - J'ai rencontré des bâtiments et des gens abîmés. Ils étaient si beaux.
Back to Top